Gabriela de Antuñano
Justine, Euphrasie et d’autres portraits
8. Dezember 2006 – 20. Januuar 2007
Sade, Justine, Euphrasie
L'oeuvre du Marquis de Sade fut définie par Raymond Trousson comme le produit d'un imaginaire exaspéré dans un univers carcéral et d'une philosohie materialiste et athée et non, comme on a souvent prétendu, le compte rendu de ses exploits.
Justine personifie la vertu incorruptible. Par ses attarits physiques et moraux elle s'attire, comme l'arbre la foudre, les attaques des agents du vice.
Elle est posée au milieu d'un univers artificiel où le vice est justifié et favorisé par la nature elle-même, et devient l'élément polémique autour duquel le discours du mal est déployé en détail. Ce discours évolue méthodiquement vers une conclusion assourdie,
vers le vide linguistique; vers l'image pornographique.
L'histoire d'Euphrasie, la Marquise de Gange, fut tirée par Sade du récit des Causes célèbres et interessantes (1734-1743) de Gayot de Pitaval. Parmis
grand nombre d'histoires autenthiques ayant donné lieu à des procés fameux, se trouve celle d' Euphrasie, la "belle Provençale" remarquée par Louis XIV, qui serait maltraitée de son deuxiéme époux par jalousie et brutalement assasinée par ses beaux fréres.
Sade décrit le portrait de la vertu malheureuse par deux voies littéraires différéntes: celui de Justine par le roman philosophique, et celui d'Euphrasie, par le roman historique. Pourquoi le sujet de la vertu attaquée systématiquement par le vice?
Car enfin, quels sont les deux principaux ressorts de l'art dramatique? Tous les bons auteurs ne nous ont-ils pas dit que c'etait la terreur et la pitié? or, d'où peut naître la terreur, si ce n'est des tableaux du crime triomphant, et d'où naît la pitié, si ce n'est de ceux de la vertu malheureuse?
Marquis de Sade
La Marquise de Gange de serait alors une oeuvre issue d'une distillation des formes dramatiques existentes depuis le XIIIe siècle; dont la beauté tragique procéde moins des éléments scénographiques que de l'action elle-même.
Justine ou les Malheurs de la Vertu serait un élément pur, produit d'une décantation impossible de la forme dramatique, fait par un mouvement diamétral de trasgrassion sans détours. Un élément que par sa flammabilité est mis parfois à l'écart même de la littèrture suversive.
Justine serait le prénom donné à un point de tension exclu de la sphère du possible, vers lequel convergent des axes éthiques et esthétiques resonnat avec la même clarté en toute époque.
L'esthéthique sadienne semble organisée sur la curve du désir. Mais d'un désir déployé par dessus la moral et tendu infiniment, ne pouvant se résoudre qu'en visant l'extase perpétuelle de la mort violente.
Des portraits
Les 'portraits littèraires' de Justine et Euprhasie proposés dans cette exposition prennent les voies plastiques du livre-objet et de l'image votive mexicaine; tandis que les portraits presentés empruntent le support plastique de l'icône.
Ces derniérs se veulent des "images" faites à partir des traits de personne existante ou ayant existé. Des images obtenues par un procédé barroquisant où le dialogue s'etablit entre des formes artificielles, voulues, et des formes obeissant à un ordre naturel, physique dan ce cas.
Dans l'ex-voto mexicain l'illustration d'un récit transforme parfois les traits tragiques en comiques, suite à la dificulté de cerner complétement la dimension dramatique. Par contre l'icone ou retablo demeure proche du portrait par sa volonté de réflexion des formes et d'exhumation de l'âme intelligible du modéle.
Gabriela de Antunano